Durant l'intersaison, Ferrari a remplacé un champion du monde par... un autre champion du monde. C'est en effet Fernando Alonso, lauréat en 2005 et 2006 avec Renault, qui a signé avec la Scuderia, et également poussé vers la sortie, Kimi Räikkönen, champion en 2007. Par ce geste fort, et pas forcément très délicat envers le pilote finlandais, l'écurie italienne a voulu démontrer ses ambitions pour repartir à la conquête des titres mondiaux, elle qui a vécu une saison 2009 proche de la Bérézina.
Les pilotes Ferrari 2010 : Felipe Massa (BRE) - 116 Grands Prix, 320 points, 11 victoires ; Fernando Alonso (ESP) - 140 Grands Prix, 577 points, 21 victoires.
Seulement quatrième du Championnat avec 70 points, juste derrière son meilleur ennemi McLaren, titulaire d'une seule victoire en 17 courses, celle de Räikkönen en Belgique, et touchée en plein coeur par le dramatique accident de Felipe Massa en Hongrie, la Scuderia a voulu faire table rase. En recrutant Alonso, un des pilotes les plus talentueux (le plus talentueux ?) du plateau, et en l'associant à un autre homme au tempérament latin, Ferrari a également voulu retrouver son identité et mettre fin à la période "nordique". Et pour l'Espagnol, c'est également l'occasion de retrouver une monoplace compétitive, et de réaliser un rêve, après deux saisons galère chez Renault. C'est donc un marché potentiellement gagnant-gagnant.
L'enthousiasme né de cette nouvelle association s'est immédiatement emparé de la Scuderia. «Ce duo, c'est une bouffée d'air frais, très stimulante», confiait ainsi Stefano Domenicali, le patron de l'écurie, mi-janvier. Et, assez logiquement, les résultats se sont faits sentir sur la piste. Ferrari a dominé les premiers essais de la saison à Valence début février et s'est également montré à son avantage lors de la dernière séance, à Barcelone, avec le troisième temps de Massa et le sixième d'Alonso.
De bon augure avant Bahreïn donc, mais pas de quoi trop s'emballer non plus, selon Domenicali : «Nous travaillons dur pour retrouver le niveau de performance que nous avons perdu l'année dernière. Pour le moment tout se passe bien, mais il faut attendre le début de la saison pour savoir. J'espère obtenir des résultats à la hauteur de l'investissement consenti durant l'hiver. Ferrari doit redevenir une des meilleures équipes du plateau. Tous les membres de l'écurie ont hâte de montrer leur vraie valeur.» Alonso, lui, ne s'est pas montré aussi mesuré, en clamant que la F10 était ni plus ni moins que «la meilleure voiture que j'ai jamais eue». «Après, je ne sais pas si cela sera suffisant (...) Je ne sais pas si j'ai une voiture pour gagner. Ce qui est clair, c'est que nous avons fait du bon boulot, que la voiture a bien fonctionné pendant la pré-saison», a-t-il ajouté.
Tout semble aller si bien qu'on se demande quels nuages pourraient assombrir le ciel bleu de la Scuderia. «En premier lieu : la fiabilité, répond Domenicali. Elle nous a manqué au début des Championnats précédents, et nous a coûté de précieux résultats. Si on veut gagner, il faut être prêt dès le commencement. Je veux que nos voitures soient fiables... et compétitives dès la première course.» Ensuite, les autres écuries, dont certaines devraient également être présentes dès le premier rendez-vous : «McLaren, Mercedes et Red Bull seront les équipes avec lesquelles il faudra compter (...) Renault ou Sauber peuvent également bien débuter la saison», annonce Alonso.
Enfin, ce duo de pilotes si talentueux sur le papier va-t-il réussir à s'entendre sur la piste et à tirer l'équipe vers le haut ? «Quand on me parle d'un duo "explosif", à manier avec précaution, moi je ne retiens que le côté positif du terme "explosif", précise Domenicali. Ce sont deux compétiteurs acharnés, très forts, extrêmement déterminés, ils ont l'un et l'autre une terrible envie de gagner, et c'est à nous de leur en donner les moyens. Quant à la règle de conduite, ils la connaissent : l'intérêt de l'écurie passe avant tout.» Et l'intérêt de l'écurie, c'est tout simplement de retrouver le sommet de la F1. - Fabrice BOSSET

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